Borne de recharge à domicile pour les salariés : ce que l’entreprise peut vraiment prendre en charge

En 2025, un véhicule sur cinq immatriculé en France était 100 % électrique. Dans les flottes d’entreprise, la progression est encore plus marquée : leur part de marché a bondi de 11,6 % à près de 29 % en l’espace de deux ans. Face à cette électrification accélérée, une question pratique s’impose rapidement : où et comment les salariés rechargent-ils leur véhicule ? La réponse est sans surprise. La majorité des recharges s’effectuent au domicile du salarié, et le cadre fiscal autour de cette réalité mérite d’être bien compris.

Ce que l’employeur peut financer, et dans quelles conditions

L’installation d’une borne de recharge au domicile d’un salarié peut être prise en charge par l’entreprise. Le dispositif repose sur un principe simple : l’avantage accordé est partiellement exonéré de cotisations sociales, à hauteur de 50 % des dépenses réellement engagées, dans la limite de 1 043,50 € (plafond 2025), dès lors que la borne a moins de cinq ans. Ce régime favorable s’applique jusqu’au 31 décembre 2027. Au-delà de cette date, les règles pourraient évoluer.

A lire également : Les fautes éliminatoires à l’examen pratique du permis

Côté employeur, la logique est aussi celle de la maîtrise des coûts : en équipant les salariés à domicile, l’entreprise réduit leur dépendance aux bornes publiques et gagne en visibilité sur les dépenses liées à la recharge. Côté salarié, la borne installée à son domicile évite les contraintes du réseau public et simplifie le quotidien, surtout pour ceux qui parcourent de longs trajets professionnels.

Cliquez pour en savoir plus sur les modalités concrètes.

A lire aussi : Obtenir sa carte grise en ligne, est-ce vraiment sécurisé ?

Remboursement des frais de recharge : traçabilité et règles URSSAF

Au-delà de l’installation de la borne, se pose la question du remboursement de l’électricité consommée. L’URSSAF distingue clairement les frais professionnels remboursables des avantages en nature. Pour que les dépenses d’électricité restent exonérées de charges sociales, elles doivent être justifiées, proportionnées et liées à l’activité professionnelle.

En pratique, une borne équipée d’un compteur MID (compteur homologué) et d’un système de relevé automatique est recommandée pour assurer la traçabilité nécessaire. Sans ce dispositif, le remboursement peut être requalifié en avantage en nature et soumis à cotisations. Une alternative simplifiée existe toutefois : un forfait de 0,05 € par kilomètre professionnel, sans justificatif détaillé de consommation. Par ailleurs, depuis 2026, les dépenses d’électricité prises en charge par l’employeur bénéficient d’un abattement de 70 % dans la limite de 4 582 € par an, un plafond qui a doublé par rapport à la réglementation précédente.

Un levier de fidélisation autant qu’un outil de conformité

Financer une borne de recharge à domicile pour ses salariés n’est pas seulement une question fiscale. C’est aussi un signal fort envoyé aux équipes : l’entreprise accompagne concrètement la transition vers le véhicule électrique, plutôt que de la déléguer entièrement à chaque individu. La loi LOM impose d’ailleurs une part croissante de modèles électriques dans les flottes de plus de 100 véhicules, avec des seuils qui progressent jusqu’en 2030. Pour les entreprises concernées, structurer une politique de recharge cohérente, incluant le domicile des salariés, n’est plus une option : c’est une nécessité opérationnelle.

La bonne nouvelle est que le cadre réglementaire, bien utilisé, permet de mutualiser les avantages entre l’employeur et le salarié, à condition de respecter les règles de traçabilité et de rester attentif aux évolutions des plafonds URSSAF, revalorisés chaque année.